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Désordres décennaux AQC 2026 : le Flop 10 de la sinistralité française

Actualité
Publié le 18/06/2026
Homme en costume tenant casque de chantier avec graphiques autour. Logo du Dispositif SYCODÉS de l'AQC en haut

L’édition 2026 du Rapport de l’Observatoire de la Qualité de la Construction révèle les 10 éléments d’ouvrage les plus problématiques en termes de désordres décennaux de 1996 à 2025. L’étanchéité à l’eau domine toujours, avec 67 % des désordres sur la période 2023-2025, contre 61 % l’an dernier.

Chaque année, dans ce rapport, l’AQC publie des informations clés sur les sinistralités dans le Bâtiment, collectées grâce à ses 4 Dispositifs d’observation.

Découvrez le Flop 10 des sinistralités du bâtiment en 2026 : les 10 éléments d’ouvrage les plus importants en termes d’effectifs de désordres décennaux signalés sur notre base de données Sycodés. Cette analyse est segmentée par catégories : logements collectifs, maisons individuelles et locaux d’activité.


Objectif

Identifier les pathologies les plus récurrentes pour orienter l’effort collectif de prévention et évaluer l’amélioration de la qualité de la construction sur le long terme.

  • Désordres décennaux faisant l’objet d’une déclaration de sinistre et pris en garantie dans le cadre de la Dommages-Ouvrage
  • Coût de réparation compris entre le ticket modérateur (1 915 € TTC pour 2025) et l’avenant n°1 (162 000 € TTC pour 2025)
  • Nomenclature : système de codification en 4 niveaux de granularité

Depuis 2007, Sycodés évalue également l’impact des actions de prévention sur l’évolution des désordres déclarés.


Pour cette édition, l’AQC dépasse la seule lecture du classement annuel des lots les plus sinistrés pour adopter une approche plus analytique, dynamique et explicative de la sinistralité. Objectif : valoriser les évolutions positives et alerter sur les dynamiques négatives, lot par lot.

Des dynamiques positives, corrélées aux actions normatives

Les fondations superficielles en maison individuelle reculent fortement, à seulement 1,4 % des désordres sur 2023-2025 — au point de sortir du Flop 10 pour se placer en 18e position (contre 6,2 % sur 1996-2005). Les murs enterrés ou de soubassement reculent également, à 1,9 %, tout comme les façades lourdes à base de maçonnerie en blocs de béton en logement collectif (2,9 %).

« Cette baisse peut s’expliquer par l’amélioration des considérations des études de sol et l’inflexion de la réglementation. Quand on construit en zone sismique notamment, on fait des constructions plus solides et le RGA en bénéficie », déclare Francis Bertrand, délégué général de l’Union Syndicale Géotechnique.

Des dynamiques négatives à surveiller

À l’inverse, les équipements sanitaires en maison individuelle poursuivent leur progression (7,8 %), tout comme les fenêtres et portes-fenêtres traditionnelles extérieures en logement collectif, dont la sinistralité a presque doublé en dix ans (8,4 %), et les toitures-terrasses non accessibles avec isolant et protection rapportée en locaux d’activité (7,9 %).

« Nous observons une dérive sur la sinistralité des équipements sanitaires qui arrivent à la troisième position des désordres. La cause principale identifiée concerne les défauts d’installation des équipements sanitaires au sens large, et particulièrement des bacs à douches sans ressaut », déclare Abed Berrabah, responsable politiques des marchés professionnels et entreprises chez MMA.

Manifestation des désordres : répartition par type de pathologie

Graphique de la répartition en pourcentage de l'effectif des manifestations de désordres - Observatoire de la Qualité de la Construction AQC

L’analyse des manifestations de désordres révèle une hiérarchie claire des pathologies les plus fréquentes dans la construction française.

L’étanchéité à l’eau demeure le principal problème, avec 67 % des désordres sur la période 2023-2025, contre 61 % sur 2022-2024, soit une nouvelle progression de 6 points.

« Le cocktail complexité technique / mise en œuvre approximative / conditions climatiques, favorise les défauts d’étanchéité. Les éléments de clos couvert participent à l’étanchéité du bâtiment. Leurs techniques ont largement évolué et se complexifient avec les nouvelles exigences énergétiques, notamment », déclare Laëtitia Nezan, référente métier clos-couvert / second-œuvre chez Dekra Industrial.

« Ces désordres sont de plus en plus sournois. Les gens sont de plus en plus sensibilisés aux désordres potentiels et donc leur niveau d’attente a augmenté. Ce que l’on tolérait à une certaine époque n’est plus accepté aujourd’hui », déclare Jean-Pierre Thomas, expert en construction et directeur technique adjoint de la société 3C.

Les défauts de stabilité représentent 11 % des désordres sur 2023-2025, contre 10 % sur 2022-2024.

« Avec le changement climatique et le phénomène RGA qui y est lié, ce chiffre ne devrait malheureusement pas baisser dans les années à venir », déclare Jérôme Fovis, référent métier solidité chez Dekra Industrial.

« Les gens sont de plus en plus avertis de leurs droits. Ils sont donc plus nombreux à déclarer ces sinistres », déclare Jean-Pierre Thomas, expert en construction et directeur technique adjoint de la société 3C.

Même si leur pourcentage reste faible, les problèmes de condensation progressent : 2 % des désordres sur 2023-2025, contre 1 % sur 2022-2024.

« Je pense que ce chiffre va augmenter dans les années à venir. L’emploi de matériaux nouveaux avec des acteurs de la construction pas toujours sensibilisés sur les techniques de conception et de mise en œuvre, auxquelles s’ajoute une course à la livraison du chantier (hygrométrie non réglée et hors d’eau non assuré) seront sans doute les causes des désordres de condensation de demain », déclare Laëtitia Nezan, référente métier clos-couvert / second-œuvre chez Dekra Industrial.


Maisons individuelles : la couverture en petits éléments toujours en tête

Graphique des désordres en % de l'effectif pour les maisons individuelles - Observatoire de la Qualité de la Construction AQC

Comme l’an dernier, les désordres de couverture en petits éléments dominent le classement avec 9,6 % des désordres, suivis par les revêtements de sol intérieurs (8,3 %).

  • Couverture en petits éléments – 9,6 %
  • Revêtement de sol intérieur – 8,3 %
  • Équipement sanitaire – 7,7 %
  • Réseaux d’eau intérieurs au bâtiment – 6,7 %
  • Fenêtre et porte-fenêtre traditionnelles extérieures (hors toiture) – 6,6 %
  • Façade lourde à base de maçonnerie en blocs de béton – 5,6 %
  • Façade lourde à base de maçonnerie en éléments de terre cuite – 4,7 %
  • Couverture en grands éléments – 4,3 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et sans protection rapportée – 3,6 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et protection rapportée – 3,5 %

Logements collectifs : les équipements sanitaires en tête du classement

Graphique des désordres en % de l'effectif pour les logements collectifs - Observatoire de la Qualité de la Construction AQC

Les équipements sanitaires prennent la tête du Flop 10 en logements collectifs avec 10,7 % des désordres, devant les fenêtres et portes-fenêtres traditionnelles extérieures (8,5 %).

  • Équipement sanitaire – 10,7 %
  • Fenêtre et porte-fenêtre traditionnelles extérieures (hors toiture) – 8,5 %
  • Réseaux d’eau intérieurs au bâtiment – 7 %
  • Revêtement de sol intérieur – 7 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et protection rapportée – 6,8 %
  • Façade lourde à base de béton banché – 4,2 %
  • Revêtement de mur intérieur / plafond – 3,8 %
  • Toiture-terrasse accessible aux piétons/technique – 3,8 %
  • Couverture en grands éléments – 3,7 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et sans protection rapportée – 3,4 %

Rénovation en logements collectifs : les toitures-terrasses en tête

Graphique des désordres en % du coût pour les logements collectifs - Observatoire de la Qualité de la Construction AQC

En rénovation, ce sont les toitures-terrasses non accessibles avec isolant et protection rapportée qui dominent le classement avec 10,8 % des désordres, devant les fenêtres et portes-fenêtres traditionnelles extérieures (7,9 %).

  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et protection rapportée – 10,8 %
  • Fenêtre et porte-fenêtre traditionnelles extérieures (hors toiture) – 7,9 %
  • Équipement sanitaire – 7,7 %
  • Couverture en petits éléments – 6,1 %
  • Revêtement de sol intérieur – 5,7 %
  • Réseaux d’eau intérieurs au bâtiment – 5 %
  • Couverture en grands éléments – 4,6 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et sans protection rapportée – 4,6 %
  • Façade lourde à base de maçonnerie en blocs de béton – 3,6 %
  • Toiture-terrasse accessible aux piétons/technique – 2,8 %

Locaux d’activité : les menuiseries extérieures toujours n°1

Graphique des désordres en % de l'effectif pour les locaux d'activité - Observatoire de la Qualité de la Construction AQC

Les fenêtres et portes-fenêtres traditionnelles extérieures restent en tête avec 9,6 % des désordres, devant les toitures-terrasses non accessibles avec isolant et protection rapportée (7,9 %).

  • Fenêtre et porte-fenêtre traditionnelles extérieures (hors toiture) – 9,6 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et protection rapportée – 7,9 %
  • Revêtement de sol intérieur – 6,8 %
  • Toiture-terrasse non accessible avec isolant et sans protection rapportée – 6 %
  • Réseaux d’eau intérieurs au bâtiment – 5,1 %
  • Façade légère – 5,1 %
  • Couverture en grands éléments – 5 %
  • Toiture-terrasse accessible aux piétons/technique – 2,7 %
  • Voirie – 2,7 %
  • Réseaux extérieurs au bâtiment – 2,5 %

Analyses détaillées par type de bâtiment

Consultez notre rapport complet de l’Observatoire de la qualité de la construction 2026 pour des analyses détaillées et des insights précieux pour les professionnels du secteur.

Données issues de la base Sycodés – Analyse des désordres décennaux sur la période 1996-2025