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Fiche pathologie bâtiment - B.04 « Défauts d’étanchéité des façades en briques apparentes » - AQC

Défauts d’étanchéité des façades en briques apparentes

Fiche pathologie bâtiment - B.04 « Défauts d’étanchéité des façades en briques apparentes » - AQC
Fiche technique
Collection : Fiches Pathologie bâtiment
Date de parution : 2026
Date de dernière mise à jour : Septembre 2026

1. Le constat

Bien que de technique typiquement traditionnelle, les façades en briques apparentes, notamment les plus anciennes, sont à l’origine de nombreux sinistres liés aux infiltrations d’eau.

2. Le diagnostic

Le type de mur est inadapté aux mauvaises conditions climatiques

Dans les constructions anciennes, l’étan­chéité était réputée acquise par la seule épaisseur du mur de briques. En réalité, en raison de la relative porosité de la brique, les murs réalisés à partir de ce matériau sont sensibles à la durée d’exposition aux eaux de pluie. Le NF DTU 20.1, partie 3, définit 4 types de murs (type I, IIa, IIb, III et IV, par ordre de sensibilité décroissante à la pluie).

Cette classification se fonde pour l’essentiel sur les principes suivants :

  • mur sans coupure de capillarité dans son épaisseur (type I). qui ne comportent aucun dispositif particulier pouvant s’opposer au cheminement de l’eau vers leur face intérieure, ne peuvent pas être réalisés en briques ou blocs apparents, quelles que soient les conditions d’exposition de l’ouvrage ;
  • les murs de type II est un mur ne comportant aucun revêtement étanche sur son parement extérieur, mais comportant, dans son épaisseur, une coupure de capillarité continue.
  • Dans le mur de type IIa, la coupure de capillarité est constituée par des panneaux isolants non hydrophiles (à titre indicatif, les isolants en polystyrène expansé, en mousse de polyuréthane rigide ou laine minérale)
  • Dans le mur de type IIb, la coupure de capillarité est constituée par une lame d’air continue. Dans cette catégorie, entrent en particulier, les murs dans lesquels il existe, entre la paroi extérieure en maçonnerie et la cloison intérieure de doublage, des panneaux isolants non hydrophiles, appliqués contre la cloison de doublage, mais maintenus à une certaine distance de la face interne de la paroi en maçonnerie par des dispositifs appropriés ;
  • le principe du mur du type III est basé sur le fait que, compte tenu de conditions d’exposition particulièrement sévères, il est possible que l’eau qui s’infiltre à travers la paroi extérieure puisse ne pas être absorbée en totalité par les zones non saturées de la paroi, et qu’une certaine quantité d’eau puisse parvenir à la base de la lame d’air.

Toutefois, ne pas oublier que les dispositifs de collecte et d’évacuation des eaux sont conçus pour ne rejeter vers l’extérieur qu’une quantité limitée d’eau.

Les murs du type III sont des murs dans lesquels la paroi extérieure en maçonnerie, non protégée par un revêtement étanche, est doublée par une seconde paroi séparée de la première par une lame d’air continue, à la base de laquelle sont prévus des dispositifs de collecte et d’évacuation vers l’extérieur des eaux d’infiltration éventuelles.

Un mur de type III diffère d’un mur de type IIb par l’ajout du dispositif de collecte et d’évacuation. Ce dispositif peut être réalisé avec un système étanche formant une gouttière, et rejetant vers l’extérieur des eaux collectées au moyen d’exutoires ou d’espaces ménagés entre deux éléments pour des maçonneries apparentes.

L’exigence du type de mur en fonction de l’exposition à la pluie de la façade se trouve dans la partie 3 du NF DTU 20.1 (§ 3.4 tableau 1 pour les maçonneries isolées par l’intérieur ou à isolation répartie destinées à rester apparentes).

En règle générale (locaux habitables), pour les maçonneries destinées à rester apparentes, quelle que soit la situation de la construction, a minima, un mur type IIa est requis en façade abritée et un mur type III en façade non abritée.

Des erreurs de conception au niveau des points singuliers

Sur la face interne de la paroi extérieure en maçonnerie : L’enduit aux liants hydraulique n’a pas été réalisé en façade non abritée (tableau 1 du NF DTU 20.1 partie 3) favorisant ainsi des passages d’eau non négligeables en mur type II.

En pied de mur :

  • mur type I ou IIa. Hormis la coupure anticapillaire horizontale habituelle pour toutes les maçonneries, aucune disposition particulière n’est exigée. Mais, compte tenu du principe de fonctionnement de ce mur, l’eau s’accumule en partie basse du mur par simple effet de la gravité. Il est donc vivement recommandé de prévoir des dispositifs l’empêchant de pénétrer à l’intérieur des bâtiments : décaissé de dalle (3 cm minimum) ou profilé en équerre ;
  • mur type IIb, III. Les eaux d’infiltration se retrouvent en partie basse de la lame d’air. Les dispositifs avec décaissés et profilés rigides de rejet d’eau, associés à la création de joints verticaux dégarnis en partie basse de la paroi extérieure, sont trop souvent oubliés.
Exemple de bonnes dispositions d'étanchéité en pied de mur simple et double
Exemple de bonne réalisation d'un appui sur mur double

Ouvertures dans les murs

  • Cas des appuis en briques. Réalisés à partir de briques à chant posées avec une faible pente, ils sont forcément le siège privilégié d’infiltrations. Une étanchéité complémentaire en partie inférieure est indispensable. Dans le cas particulier du mur double, l’absence d’étanchéité conduira inévitablement à des infiltrations puisque ces briques à chant chevauchent la lame d’air.
  • Cas des appuis en béton. Le point faible de ces ouvrages se situe aux extrémités. En raison des épaisseurs d’isolant intérieur couramment employées, le rejingot se trouve souvent en retrait de la face intérieure du mur. Il est impératif qu’il dépasse d’au moins 4 cm les tableaux de part et d’autre de l’ouverture en se retournant sur le mur.

Une qualité d’exécution défectueuse.

  • La composition du mortier de hourdage doit respecter le bon dosage en liant.
  • Les joints doivent être pleins et serrés. Le respect des Règles de l’art est particulièrement déterminant sur la qualité finale de l’étanchéité des murs.
  • L’absence de déchets de mortiers dans la lame d’air de certains murs de type IIb ou III est essentielle pour éviter les mises en contact entre la paroi et le doublage, et donc des infiltrations.

3. Les bonnes pratiques

  • Au niveau de la conception :
    • bien choisir le type de mur en fonction des conditions climatiques et des expositions
    • veiller à la qualité des briques : le marquage CE, obligatoire, n’est pas à lui seul un critère de qualité
    • définir les points de détails.
  • Au niveau de l’exécution :
    • Veiller au remplissage correct des joints et dans certains cas d’exposition, privilégier la technique de garnissage des joints en deux fois.
    • Veiller à la réalisation d’un dispositif efficace de rejet des eaux en pied de mur, ce dispositif devant se retrouver au niveau de chaque plancher d’étage.
    • L’ouvrage peut être réalisé avec des briques sous marque NF.
    • Traiter les points singuliers tels que les appuis de baie ou les tableaux.
    • Respecter la lame d’air (murs de type IIb et III).

L’essentiel

  • Bien choisir le type de mur.
  • Remplir correctement les joints.
  • Veiller à la réalisation d’un dispositif efficace de rejet des eaux.

À consulter

  • NF DTU 20.1 Ouvrages en maçonnerie de petits éléments, parties P1-1, P1-2 et P3 (juillet 2020)
  • NF EN 771-1 Spécifications pour éléments de maçonnerie – Partie 1 : Briques de terre cuite + amendement 1

4. L’œil de l’expert

Superposition de petits éléments de maçonnerie. Le mur est constitué de briques type Monomur 24×24 à RdC et parpaings 20x20x50 enduits aux étages. Les parpaings, moins larges, ont été posés alignés axialement à leur support en briques, ils se retrouvent alors en retrait des briques. Le désordre d’infiltration identifié se situe à la jonction entre le parpaing et la brique. La cause du désordre relève d’un défaut de mise en oeuvre par l’absence d’un rejet EP entre 2 matériaux formant une retenue d’eau. Photo © GIE SOCABAT
Appui de fenêtre en petits éléments de terre cuite. L’appui, en façade exposée, est réalisé en briques industrielles 22×11 sur chant, posées sur une allège en parpaings enduits. Le joint de mortier par décollement ne fait plus office de barrière à l’eau. L’infiltration a généré des désordres dans le mur en allège, qui à son tour fissure au fil des intempéries successives. À terme l’infiltration générera des désordres à l’intérieur du bâtiment. La cause du désordre est une conjugaison de défaut de joint de mortier et une absence de membrane d’étanchéité en appui de fenêtre réalisé en petits éléments de terre cuite montés sur chant. Photo © GIE SOCABAT
Le mur est constitué de briques format 24 x 24 en soubassement et parpaings 20 x 20 x 50 enduits en partie courante. Le désordre d’infiltration par décollement de joint horizontal, se situe à la jonction entre le parpaing et la brique au niveau de l’angle du mur contigu à une ouverture. Une absence de rejet d’eau entre la brique et le parpaing est constatée. De plus, les briques employées sont inadaptées en angle et en jambage pour assurer l’incorporation de chaînages verticaux nécessaires à la cohésion de 2 matériaux différents de maçonnerie en zone dite « affaiblie » du mur, ici une ouverture près d’un angle. La cause du désordre est une absence de rejet EP entre 2 matériaux formant une retenue d’eau, conjuguée à une absence de chaînages verticaux en angle et en jambage d’ouverture. Photo © GIE SOCABAT

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