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Fiche pathologie bâtiment - D.04 « Micro-organismes en façades » - AQC

Micro-organismes en façades

Fiche pathologie bâtiment - D.04 « Micro-organismes en façades » - AQC
Fiche technique
Collection : Fiches Pathologie bâtiment
Date de parution : 2026
Date de dernière mise à jour : Septembre 2026

1. Le constat

Qu’elles soient de couleur verte, rouge, bleue, jaune orangé, grise ou noire, les salissures des revêtements de façade sont la manifestation de la présence de certains micro-organismes.

Comme ils ont besoin d’eau pour germer et proliférer, il appartient aux constructeurs de limiter la création de zones propices à l’arrivée et au développement de ces micro-organismes.

2. Le diagnostic

Les principaux micro-organismes responsables des salissures en façade

  • Les bactéries vivant avec ou sans air, ont besoin d’eau liquide et peuvent avoir une action corrosive sur les revêtements (bactéries sulfo-oxydantes). Elles sont présentes dans les salissures de couleur verte ou noire.
  • Les algues ne vivent pas aux dépens du substrat, mais secrètent des acides organiques qui agissent chimiquement sur le support. L’insertion des cellules dans les pores a une action mécanique sur le revêtement. Elles ont besoin d’une forte humidité pour leur croissance. Elles sont présentes dans les salissures de couleur verte, rouge, bleue ou noire.
  • Les champignons sécrètent des acides organiques qui peuvent attaquer le support. Ils sont présents dans les salissures de couleur brune à noire.
  • Les lichens vivent collés à la surface, mais les thalles peuvent s’enfoncer de plusieurs millimètres dans le support. Ils sécrètent de l’anhydrite carbonique et des produits acides qui ont une action chimique sur le carbonate de calcium. Ils sont présents dans les salissures de couleur jaune orangé à gris.
  • Les mousses affectionnent les milieux humides. Elles produisent des acides organiques. Les champignons, les mousses et les lichens appartiennent à la famille des végétaux cryptogamiques.

Les facteurs influant sur le développement des micro-organismes

  • L’eau est indispensable pour la vie des micro-organismes. Elle joue un rôle dans les échanges gazeux et dans le transport des substances nutritives. C’est le vecteur de contamination par excellence.
  • La température : à chaque espèce de micro-organismes correspond une température optimale de croissance. Seul le gel ou la sécheresse prolongée peuvent provoquer la disparition des micro-organismes.
  • Le pH a un rôle important dans le développement des micro-organismes. Chaque espèce possède une zone optimale.
  • Les conditions nutritives : le développement des micro-organismes est lié à la présence d’éléments chimiques dans le milieu.
  • L’exposition : il faut souligner l’importance de l’orientation d’un bâtiment vis-à-vis de la pluie battante et des vents dominants.
  • La mise en oeuvre :
    • le défaut de gestion des eaux sur la façade avec par exemple, les couvertines d’acrotères mal conçues ou mal positionnées, les bavettes d’appuis de fenêtres, les ressauts ou modénatures de façade avec des écoulements des eaux de ruissèlements mal dirigés, encouragent la prolifération des microorganismes ;
    • l’absence de protection des têtes de pignons avec des matériaux de retombées pour la protection des chevrons de rives (ardoises ou tuiles) en contact direct avec l’enduit, occasionne des salissures et des développements de micro-organismes prématurés.
  • Le changement climatique, plus généralement, et les augmentations de températures sont favorables à la prolifération d’algues vertes. Les chocs thermiques répétés (canicules…) favorisent souvent le micro-faïençage invisible à l’oeil nu, et l’accroche des pollens et algues et mousses.

NOTA. Un enduit appliqué sur un isolant ou sur maçonnerie ne réagit pas de la même manière à la prolifération d’algues. Sans isolant, l’inertie thermique (relargage de la chaleur favorisant le séchage) est plus forte et l’absorption capillaire du support maçonné est plus élevée, (favorisant le séchage de l’enduit en surface après la pluie). Sur ITE, en revanche, la surface sera plus souvent froide et humide, favorisant parfois de manière physique la prolifération (entretien nécessaire).

3. Les bonnes pratiques

  • Protéger son chantier contre les intempéries pour éviter les captations d’eaux intempestives et l’accroche de saletés ou algues (pluies, vents) par les matériaux en place (dont enduit) avant séchage et finalisation du chantier.
  • Utiliser des outils adaptés, propres, en bon état.
  • Effectuer un choix de produit adapté tant sur l’enduit que la finition le cas échéant : produits siloxanés hydrophobes ou à effet déparlant (souvent plus chers) mais plus efficaces. Ne pas accepter ou proposer de variante au dernier moment.
  • Être vigilant sur la rugosité de l’enduit ou de la finition. Ce paramètre constitue autant de points d’accroche des mousses, pouvant être comblés en partie par une peinture optionnelle. Plus un enduit est texturé avec un grain important, plus on favorise l’accroche de mousses, il faut donc privilégier les enduits à grain fin (<= 1,5 mm) en zones sensibles.
  • Respecter les épaisseurs minimales de couches d’enduit et finitions et les consommations correspondantes, impactant la performance mécanique et le développement potentiel de microfissures, qui sont autant de points d’accroche de mousses.
  • Prendre en compte la gestion du cheminement du ruissellement de l’eau sur les façades. C’est le vecteur de propagation le plus important des micro-organismes. Ce ruissellement est d’autant plus important à certains endroits spécifiques : principalement les arêtes (chevronnières, haut d’un mur…) et au niveau des points singuliers.
  • Éviter la stagnation de l’eau sur les façades. Faire un bon choix architectural et assurer un bon traitement des points singuliers pour éviter de créer des zones propres à l’implantation des micro- organismes : choix d’une pente ou d’une saillie, protection par débord de toiture, couvertines ou appuis de baies posés selon les Règles de l’art, traitement des soubassements, traitement des arêtes horizontales.
  • Analyser le contexte géographique du bâtiment. Les façades nord et surtout ouest sont les plus exposées. Dans les zones rurales avec épandages agricoles à proximité, avec présence de végétation près des façades, ou au bord de mer, prévoir d’utiliser des enduits industriels comportant dans leur formulation un fongicide qui répond efficacement à l’apparition des micro-organismes
  • Consulter les FDES et FDS des fabricants. La plupart des fabricants ajoutent des biocides dans leurs peintures et enduits organiques (souvent jusqu’à 200-300 ppm, étiquetage sanitaire obligatoire), à différencier des conservateurs de pots ne nécessitant pas d’étiquetage.
  • Respecter des prescriptions du fournisseur, de l’avis technique, ATEx ou des Règles professionnelles (CPT, DTU…), sur les sujets évoqués dans ce paragraphe.
  • Prévoir un entretien à fréquence régulière de la façade. Même avec des biocides, il est impossible de garantir un non – encrassement sur le long terme. Une étape d’entretien est à prévoir (lavage– nettoyage a minima, voire décontamination), à intervalles plus ou moins espacés et variables selon la nature de l’enduit, la région et l’exposition. En l’absence d’information, une fréquence minimale de cinq ans est recommandée.

L’essentiel

  • Choisir des produits adaptés à l’environnement aux exigences environnementales et à l’exposition avec biocides éventuels dans la formulation.
  • Adopter dans la mesure du possible des choix architecturaux qui limitent les zones sensibles.
  • Porter attention aux points singuliers de la façade. Les surfaces horizontales doivent être protégées par des couvertines : dessus des garde-corps maçonnés, des rampes d’escalier, des acrotères.
  • Éloigner au maximum les profils type goutte d’eau des couvertines ou des appuis de fenêtres.
  • Entretenir les façades régulièrement. Laver et décontaminer.

À consulter

  • NF DTU 20.1 Parties 1-1 et 3 Ouvrages en maçonnerie de petits éléments – Parois et murs
  • DTU 20.12 Gros oeuvre en maçonnerie des toitures destinées à recevoir un revêtement d’étanchéité
  • DTU 59.1 Revêtements de peinture en feuil mince, semi-épais, ou épais – Parties 1-1 et 1-2
  • DTU 42.1 Réfection de façades en service par revêtements d’imperméabilité à base de polymères – Parties 1-1 et 1-2
  • NF DTU 26.1 Travaux d’enduits de mortiers
  • DTU 43.1 Étanchéité des toitures- terrasses et toitures inclinées avec éléments porteurs en maçonnerie en climat de plaine
  • e-Cahier du CSTB n° 1633 « définition et classification des ouvrages de revêtement extérieur de façades en maçonnerie ou en béton »
  • Guide pratique Le nettoyage et décapage des matériaux de façade – Mise en oeuvre des techniques de nettoyage et de décapage spécifiques à chaque matériau (CSTB)
  • Guide pratique Isolation thermique extérieure par enduit sur isolant PSE – Mise en oeuvre sur parois en béton ou en maçonnerie – En application du e-Cahiers du CSTB n° 3035_V3
  • Guide « Pathologie des bâtiments » La pathologie des façades – Diagnostic, réparations et prévention – (CSTB-AQC)
  • NF EN 998.1 Norme produit pour les mortiers d’enduits minéraux
  • FDS (Fiche de données de sécurité) et FDES (Fiche de déclaration environnementale et sanitaire) des produits

4. L’œil de l’expert


Salissures (moustaches) sur un enduit de façade, dues à des algues microscopiques. Photo © AQC – M. Tache – 2007
Certaines formes de toitures favorisent le ruissellement d’eau concentré à un même point. Le taux d’humidité élevé favorise l’apparition de salissures noires dues aux cyanobactéries. Photo © GIE SOCABAT
Les salissures apparaissent au droit des microfissures en façade et en partie haute des tableaux de fenêtres. Ces zones restent plus humides qu’en partie courante et favorisent l’apparition de micro-organismes. Photo © GIE SOCABAT
La salissure se propage du haut vers le bas, souvent à partir d’un point situé près d’une arête. L’eau constitue le vecteur de propagation des micro-organismes. Photo © GIE SOCABAT
Le rejaillissement de l’eau en pied de façade génère un taux d’humidité particulièrement important. Il favorise l’apparition de micro-organismes. Photo © GIE SOCABAT

Fiches pathologie bâtiment - Logos de la Fondation EXCELLENCE SMA et de l'AQC